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Nantes étudie l’addiction aux jeux.

samedi 7 novembre 2009, par Yanisse

Chose promise, chose due. Si l’ouverture d’un centre de référence sur l’addiction au jeu a été annoncée en Décembre 2007, c’est actuellement chose faite car ce centre qui est l’unique en France, a été inauguré à Nantes récemment.

C’est une bonne nouvelle qui représente aussi la triste réalité des jeux et surtout ceux qui ont trait au hasard et à l’argent. Les familles des nombreuses victimes du jeu compulsif ne pourront que se réjouir avec l’ouverture d’un tel établissement. D’autres ne trouveront encore l’intérêt d’une telle initiative mais pourront bientôt comprendre et vivre les problèmes causés par ce virus du nouveau millénaire qu’est l’addiction au jeu. Si auparavant, on parlait de flambeur pour qualifier un joueur ayant une passion effrénée des jeux d’argent, actuellement on parle de joueur compulsif car cette passion est passée au stade de troubles psychologiques. Telle est actuellement la réalité qui fait que la mise en place d’un tel établissement est devenue un mal nécessaire car le nombre des joueurs atteints d’addiction ne cessent d’augmenter en France et ailleurs, et si l’état a réussi à contenir les jeux d’argent en ligne jusqu’à ce jour, la prochaine ouverture de ce type de marché prévu pour l’année prochaine ne présage malheureusement pas une baisse du nombre de malades.

Si actuellement le nombre de joueurs pathologiques français est estimé entre 600 000 et 1 500 000, ce ne serait que le fruit d’une extrapolation de données diverses. La réalité pourrait montrer des chiffres plus effrayants si des études avaient été faites correctement depuis la prise de conscience de l’état en 2006 en incluant ce problème parmi ses nombreux programmes sociaux. C’est d’ailleurs la raison principale de l’ouverture de ce centre car l’état voudrait bien rattraper son retard par rapport aux autres pays qui ont déjà pris le devant bien longtemps même avant que cette « maladie » n’ait pris de l’ampleur chez eux. Il est en effet nécessaire de disposer de plusieurs centres et d’associations, comme ceux existant déjà, s’occupant des victimes du jeu pathologique, mais il est plus judicieux d’avoir au moins un centre de recherche par rapport à ce problème pour tenter de comprendre le mécanisme de cette maladie et apporter des solutions scientifiquement étudiées pour aider les associations existantes d’une part et pour éviter une « hémorragie » d’autre part.

Pour l’état ce centre est un passage obligé car c’est le minimum des contreparties de l’ouverture du marché des jeux d’argent en ligne. Etant déjà très mal apprécié par les français qui vivent des moments difficiles, le gouvernement n’a plus intérêt à faire dans la demi-mesure surtout que derrière cette ouverture il y aura surement des tas de billets qui vont tomber dans ses caisses. Ce sera certainement une pure suicide de sa part s’il ne procède pas ainsi car bien qu’ayant ses adeptes les jeux d’argent en ligne ont aussi ses détracteurs qui en cas d’absence de mesures d’accompagnement risqueraient fort de se retourner contre l’état après l’ouverture. Ainsi donc, finalement, l’état va réagir en faveur de cette lutte si jusqu’à maintenant rien de concret ne laissait croire qu’il se souciait vraiment des cas des victimes du jeu compulsif.

A toute honneur toute gloire, c’est la PMU et la FDJ qui ont collaboré avec l’état pour l’ouverture de ce centre. Ils sont d’ailleurs à juste titre les « fournisseurs » officiels de joueurs compulsifs car étant les seuls établissements de jeux de hasard et d’argent légaux en France, bon nombre des victimes sont des accros de leurs produits. Ils seront donc les premiers à verser leurs parts dans la lutte contre l’addiction car certainement les autres qui vont bientôt inonder le marché français devront aussi s’acquitter d’un certain montant à mettre au profit de cette lutte avant de pouvoir s’installer. Il ne serait peut-être même pas nécessaire de relater ici le détail des montants alloués par ces deux sociétés tellement ça parait dérisoire par rapport aux gains qu’ils se font sur le dos des victimes du jeu pathologique. Mais il faudrait pourtant reconnaître qu’au moins après tant d’années de profit sans soucis il était grand temps qu’ils participent un peu aux protections des joueurs. Désormais, que ça soit de gré ou de force ils vont devoir continuer à financer des projets similaires.

Concrètement ce centre fera l’objet d’un programme s’étalant sur trois ans avec un budget de l’ordre de 1 million d’euros. Installé dans le CHU de Nantes, ce centre n’est pas destiné à soigner les victimes de jeu pathologique. Il ne voudrait pas ainsi entraver les actions déjà entreprises par les associations et les centres de soutient aux joueurs compulsifs. Sa mission est d’étudier cette maladie dans tous les détails et pour ce faire il devra travailler de concert avec les services d’addictologie et les malades. Le but du projet est d’arriver à mettre en place une base de données bien garnie qu’il pourrait mettre à la disposition des professionnels en charge des malades pour qu’ils puissent par la suite procurer les soins et aides nécessaires pour mieux prendre en charge les malades et surtout pour éviter que ces derniers rechutent. Effectivement, comme pour toutes les addictions, qui auront été plus connues et auxquelles on s’intéressait plus jusqu’à maintenant, l’addiction au jeu présente un très haut pourcentage de risque de rechute. Et contrairement aux autres types d’addiction à l’instar des drogues et des alcools, l’addiction au jeu trouve ses sources dans le fort intérieur des malades qui de surcroît ne montrent aucuns signes extérieurs pouvant traduire le degré de dépendance.

Ce centre est certainement la meilleure idée que l’état et ses partenaires qu’est la FDJ et le PMU aient eu ces derniers temps. Toutefois, avec les soi-disant incitations à un jeu responsable, que prônait la FDJ avec les modifications apportées au nouveau loto, qui finalement cachaient des visées commerciales, on pourrait émettre des doutes sur la bonne foi qui pourrait animer les protagonistes de ce projet. Seul l’avenir pourra les incriminer ou les disculper de ces doutes. Pour le moment ils ont gagné la première manche.

Certains experts redoutent aussi l’arrivée des offres de jeux en ligne proposés sur internet tel que les casinos en ligne, poker en ligne et paris sportifs. Ces nouvelles offres accessibles à n’importe quelle heure avec une facilité déconcertante pourrait bien se montrer plus addictive que la plupart des offres de jeux proposés actuellement. Certains guide sérieux de casino commence a emboiter le pas et propose de nombreux articles afin de preparer psychologiquement les joueurs à une partie de jeu sur internet, car le risque peut être grand si les internautes ne distinguent pas le côté virtuel du jeu ainsi que son côté réel qu’est l’argent.

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